À la fin du dix-huitième siècle, on raconte qu'une amérindienne du nom d'Amanda, enveloppée d'un sombre manteau, la chevelure hirsute et ébouriffée, surgissait parfois de l’ombre et semait la peur dans son village. Emanait d'elle quelque chose d'impalpable, d'obscur et de mystique…Elle disait posséder des dons la rendant apte à guérir le corps et l’esprit de ceux qui croisaient sa route, Elle concoctait de  miraculeuses potions les soirs de pleine lune et allait au chevet des gens malades, son sac rempli d'herbes bienfaisantes. Et malgré le bien qu'elle semait autour d'elle, son inquiétante allure, ses jambes boiteuses et ses dons prémonitoires la rendaient menaçante aux yeux des villageois. On avait peur d'elle et on la dénigrait, lui réservant chaque fois un accueil et des regards hostiles.

 
Les années passèrent donc, et la sorcière esseulée se tourna inévitablement vers les éléments naturels: elle parlait aux arbres et aux fleurs, conversait avec les bêtes sauvages, dansait avec les étoiles, hurlait avec les loups et entrait en communion avec toutes les tempêtes qui obscurcissaient la voûte céleste. Et les villageois de Witch Bay, parfois témoins des coutumes insolites d'Amanda, s'imaginaient à tort qu'elle jetait sur eux des malédictions...Ils fixèrent vite le sort de cette mystérieuse créature et la pendirent le premier novembre 1800, tout près de la baie.
 
Cependant, ils ne se doutaient pas que les sorcières ne disparaissent jamais tout à fait et que, dans la mort, elles gardent le pouvoir de perpétuer leurs traditions, notamment celle de designer une femme pour assurer leur succession...

 


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